Opération : Griffe Noire

Gotham City
RP 2
JokerMad
Créée par : Black Mask (JokerMad)
06/06/2025 Ă  11:55
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Dans les entrailles industrielles du Bowery, un transfert clandestin orchestré par la Conciergerie tourne à l’opération de dissuasion.

Le Masque Noir teste un nouveau spécimen sur le sol de Gotham.

Mais Batman veille — et ce qu’il va découvrir dans cette cage dépasse tout ce qu’il avait affronté jusqu’ici.

Car certaines bêtes… ont appris à sourire.

Le vent s’était levé au-dessus des entrepôts déserts. Il portait avec lui cette odeur âcre de rouille, de pluie sur béton fendu, et de câbles fondus. Un drone de surveillance explosa soudain dans un éclair bleuté, comme une luciole trop curieuse foudroyée dans le ciel noir.

En contrebas, les lampes frontales de sept hommes transperçaient la brume. Ils évoluaient sans un mot, synchrones, précis. Les membres de la Conciergerie, l’unité privée de Roman Sionis, ne parlaient jamais à voix haute. Chacun communiquait par des impulsions tactiles, des gestes codifiés, ou des données cryptées. Dans leurs oreillettes, une seule voix résonnait :

« Opération Griffe noire. Phase deux. Libération imminente. Gardez la chose calme jusqu’au transfert. »

À l’arrière du hangar, une caisse métallique haute de deux mètres vibrait doucement. Légèrement bosselée, renforcée par des soudures multiples, elle portait un symbole peint à la main : une cage entrouverte, dégoulinante de rouge. À l’intérieur, quelque chose respirait lourdement. La structure tremblait à chaque inspiration.

Un garde s’approcha pour vérifier les attaches.

C’est à cet instant que les ombres se déchirèrent.

Sans un bruit, un câble noir fila depuis la verrière brisée au plafond. Il happa le garde à la gorge et le projeta contre une pile de caisses. Le choc fut sec, suivi d’un crissement métallique. La lumière vacilla.

Un silence surnaturel s’abattit sur l’entrepôt.

Puis une voix, grave, déformée par le modulateur, s’infiltra dans les intercoms :

« Le transport s’arrête ici. »

Les soldats se mirent immédiatement en formation. L’un d’eux pointa son fusil vers les hauteurs. Il ne vit rien. Seulement des ombres. Des angles. Une présence.

« Contact ! Haut gauche ! C’est lui ! Le Bat– »

Trop tard. Une capsule de gaz fumigène éclata sous ses pieds. Une forme noire s’écrasa sur lui. Trois autres tombèrent avant même d’avoir dégainé.

Puis, un clac métallique retentit.

La serrure de la cage venait de céder.

Les soldats restants reculèrent d’un pas, hésitants.

La chose qui en sortit n’avait pas de nom.

Une silhouette voûtée, nue à moitié, recouverte de pansements sanglants et de chaînes médicales rompues. Des pinces d’alimentation pendaient encore de ses bras injectés de stéroïdes chimiques. Ses yeux brillaient d’un jaune maladif, les pupilles dilatées par les neurotoxines.

Il respirait avec difficulté, chaque souffle comme un râle d’agonie, mais il souriait. Un sourire distordu, fendu jusqu’aux joues.

« Hhhhhhahhh… Baaat-man…? »

Il courut.

Pas comme un homme.

Comme un chien lâché.

Comme une arme libérée.

La cage s’ouvre, et l’odeur qui en sort n’est pas celle de la peur.

C’est celle de la souffrance fermentée. Du sang séché sur des bandages sales. De l’urine retenue trop longtemps.

La chose tombe à genoux, puis se redresse d’un seul coup.

Bruce serre les poings. Pas le temps de réfléchir. Il descend.

Il atterrit dans un bruit sourd, sans cape, sans effet de manche. Son manteau noir claque brièvement, puis retombe.

La bête grogne. Ses bras sont trop longs, ses articulations épaissies par des points de suture internes.

Ses yeux sont vides de sens, mais pleins de réflexes. Il a été conditionné pour tuer sans poser de questions.


« Pas une arme. Une expérience. »

La créature charge.

Bruce ne recule pas. Il baisse le centre de gravité, pivote sur son pied droit et frappe, sans hésiter, en plein thorax.

Impact.

La bête recule… mais ne tombe pas. Elle absorbe le coup comme un animal de foire. Et riposte.

Le poing traverse une caisse. Bruce esquive de justesse, roule, remonte en se servant d’un tuyau rouillé pour reprendre appui.

Il sent l’écho dans ses bras.

Pas assez. Il n’est pas là pour jouer au héros.

Il attrape un levier en fer posé au sol et le manie comme une hache improvisée. Premier coup : l’omoplate. Second : le genou.

La bĂŞte hurle. De douleur. Ou de plaisir ? Il ne sait pas.


« T’es vivant ? Alors tu saignes. »

Il frappe encore. Et encore.

Jusqu’à ce que la créature tombe. Et même là, il sait que ce n’est pas fini. Elle a des implants. Un rythme cardiaque artificiel. Peut-être même un déclencheur interne. Il la sonde des yeux. Il veut comprendre.

Mais alors qu’il s’accroupit, il entend un bourdonnement discret.

Un projecteur à infrarouge s’active, au plafond.

Quelqu’un les observe. En direct.

Un message crépite dans l’air, grésillant, sans image. Juste une voix filtrée, désincarnée, presque calme.


« Ce n’était qu’un test, Batman. Le vrai produit n’est pas encore prêt. Mais il te cherche déjà. »

Bruce serre les dents. Son souffle est lourd, son bras gauche engourdi.

Il n’est pas invincible.

Il se relève lentement, les phares d’une voiture clandestine qui démarre au loin illuminant son visage partiellement couvert de sang.

« Alors qu’il vienne. »

 

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