Crime Alley's Crew
Le groupe, les anciens. Les nĂ´tres. Les perdus.
Personne ne leur a jamais donné de nom à l’époque. Ils traînaient ensemble comme des chiens errants, partageant leur maigre butin, leurs silences et leurs cicatrices. Aujourd’hui, on les surnomme parfois — en murmures ou avec un rire nerveux — le Crime Alley's Crew.
Ils n’avaient rien, sauf eux-mêmes. Rien, sauf cette ruelle pour royaume, ce terrain vague pour terrain de jeu, et cette rage en commun comme héritage.
Ils ont grandi ensemble, mais pas dans la mĂŞme direction.
La ville les a tordus, chacun à sa manière. Ils sont devenus ennemis, alliés, mirages. Mais dans un coin d’eux, là où Gotham n’a pas encore mis ses dents, ils savent d’où ils viennent.
Et peut-être… qu’ils n’ont jamais vraiment quitté Crime Alley.
Crime Alley
Ils l’appellent encore comme ça, même si la rue a changé de nom depuis plus de quinze ans. Officiellement, c’est Park Row Extension. Mais dans la mémoire des habitants — et dans les rapports de police — c’est toujours Crime Alley. Un ruban de béton craquelé, coincé entre des immeubles rongés par l’humidité, des fils électriques pendus comme des toiles d’araignée, et l’odeur persistante du gasoil, du sang, et de la pluie sale. Ici, les enfants grandissent vite ou pas du tout. Ici, la pauvreté n’est pas une faille, c’est le sol. Bruce Wayne y a appris la colère. Eddie y a découvert les énigmes pour oublier les coups. Waylon y a été traité comme une bête. Selina y a volé son premier portefeuille. Harvey y a compris que la justice était une pièce truquée. Oswald... Oswald y a survécu, tout simplement. C’est dans cette ruelle que l’enfance s’effrite, que les rêves prennent des crocs. Mais c’est aussi là qu’une idée est née. Une idée étrange, maladroite, farouche : celle que les monstres pouvaient se retourner contre ceux qui les avaient créés. Crime Alley n’a pas seulement vu naître des criminels. Elle a enfanté des symboles. Et parfois… des légendes.
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